Site

La feuille de route proposée

La synthèse ci-dessous résume les 61 propositions précises, chiffrées et détaillées qui sont listées dans la présente contribution. Les propositions ont été élaborées pour pouvoir être lancées sans tarder et générer des effets à court, moyen et long terme.


1. Lancer des programmes ciblés pour favoriser l’émergence de modèles de rupture (technologiques, économiques, d’usages…) par le déploiement de services répondant aux besoins sociétaux de nos concitoyens (développement durable, sécurité, santé et vieillissement, culture). Il s’agira de financer, dans le cadre de l’emprunt national, des « pilotes industriels » grandeur nature qui sont la clé de déploiements réussis et pour lesquels le dispositif français est à ce stade inadapté.

Les 7 marchés clés identifiés par la filière STIC française à ce stade sont les suivants : 

  • Télésanté ;
  • Systèmes électriques intelligents ;
  • Contenus numériques ;
  • Sécurité numérique ;
  • Transports décarbonnés et routes intelligentes ;
  • E-administration ;
  • E-éducation.


2. Déployer en parallèle une infrastructure nationale numérique de confiance et performante permettant de soutenir le développement de ces services autour de deux priorités : très haut débit (fixe et mobile) et grandes centrales numériques énergétiquement performantes.


3. Initier ou renforcer des programmes pour généraliser les technologies de l’information et de la communication dans les entreprises, notamment les PME et ETI, dans l’ensemble de leurs processus.


4. Développer des atouts compétitifs au plan mondialdans les trois secteurs industriels clés qui sous-tendent et conditionnent le succès des technologies et des services numériques : les composants électroniques, les logiciels et les télécommunications. 


5. Créer les conditions de développement et de préservation de l’emploi industriel et de servicesdans le secteur des STIC en tenant compte des spécificités de ce dernier (forte innovation technologique, bouleversements rapides, évolution perpétuelle, compétition mondiale très dure…).


6. Agir dans la durée et dépasser le calendrier politique :la feuille de route ainsi tracée nécessite un engagement fort, constant, pragmatique de la filière STIC, des collectivités territoriales  et du Gouvernement. Il s’agit désormais d’agir de manière coordonnée, cohérente et commune. Pour cela, il paraît indispensable de pérenniser un pilotage « filière », associant tous les acteurs (administrations, entreprises, salariés, recherche et innovation, territoires…) nécessaire pour coordonner et mener à bien cette stratégie, sous la forme d’un Conseil Stratégique placé au plus haut niveau du Gouvernement et de l’associer aux décisions notamment dans le cadre de la gouvernance l’emprunt national. L’existence d’un Conseil Stratégique pour la Chimie et les industries de Santé militent pour la création d’un tel Conseil auprès du Gouvernement.

Une partie des priorités et mesures identifiées dans ce document a déjà été évoquée et retenue dans le cadre de l’emprunt national. Pour autant, on voit bien aujourd’hui que la question de la mise en œuvre opérationnelle et rapide de ces initiatives se pose et qu’il convient que la Filière STIC puisse être systématiquement associée à toutes les instances qui vont devoir concrètement gérer la mise en œuvre de l’emprunt national, au-delà des simples sommes consacrées au numérique. Ainsi que cela a été indiqué, la Filière est désormais structurante pour l’ensemble de l’économie. En conséquence, la question de la gouvernance de la Filière STIC se pose : les difficultés de la filière STIC en France sont en partie liées à un déficit de gouvernance collective du fait d’un grand nombre d’acteurs, chacun étant un élément important du succès. Il existe un besoin de coordination globale tant de la part des acteurs privés que des pouvoirs publics (inter-ministérialité indispensable) démultipliée au niveau régional. Il nous faut donc réinventer un nouveau partenariat public-privé décloisonné. La mise en œuvre de cette politique industrielle nationale avec une efficacité et une proximité du terrain maximales doit s’appuyer sur les régions, comme partenaire privilégié du développement économique et de soutien aux écosystèmes. De plus, la région paraît un niveau adapté aux projets pilotes et aux expérimentations, dans un esprit de partage des meilleures pratiques.

Le coût de cette feuille de route

Les mesures et ambitions préconisées dans ce document nécessitent un engagement financier important du Gouvernement comme des entreprises. A cet égard, la filière STIC se félicite de ce que le caractère prioritaire des STIC ait été pleinement pris en compte dans les décisions concernant l’emprunt national.
 
Les 4,5 milliards d’euros qu’il est prévu de consacrer au numérique dans le cadre de l’emprunt permettront de financer la part publique de la plupart des mesures décrites, pour lesquelles les entreprises de la filière STIC sont prêtes à investir en parallèle des montants égaux ou supérieurs (l’emprunt national devant servir à flécher les investissements à réaliser, à les coordonner et à les amorcer). Les programmes proposés sont de plus générateurs de revenus ou d’économies à moyen terme, il s’agit donc d’investissements mesurables et rentables. L’urgence, ainsi que cela est indiqué ci-dessus, réside désormais dans la mise en œuvre concrète de ces annonces et dans l’association étroite de la Filière aux modalités de gestion.
 
Les mesures décrites dans ce document et qui ne sont pas prévues dans le cadre du volet numérique de l’emprunt national, peuvent être financées soit par l’utilisation d’une partie du milliard d’euros prévu pour les EGI dans le cadre de l’emprunt, soit par une réallocation des dépenses de certaines administrations, ou des fonds de la formation professionnelle. Le coût de l’ensemble de ces mesures s’élève à 270 millions d’euros environ. La plupart correspondent à des investissements rentables à court ou moyen terme, pour l’Etat comme pour le secteur privé.







Un des huit groupes de travail instauré à l'occasion des Etats-Généraux de l'Industrie (EGI) était dédié à la filière STIC.

Ce rapport est le fruit de la concertation des différents acteurs de cette filière qui ont défini des priorités à mettre en oeuvre dans le cadre d'une stratégie industrielle basée sur les marchés du futur.


Télécharger le rapport